Graine de femme

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Graine de Femme - tract

 

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Revue de presse

 

Libération

Rendez-vous aux bars du théâtre. A Paris, dans des troquets sympas, on peut s’envoyer deux pièces.

 

THIBAUDAT JEAN-PIERRE  9 MARS 1996 À 02:59

 

« C’est la seconde pièce de Patrick Gratien-Marin, 27 ans, cameraman et écrivain en herbe épris de documentaires. Dans un soliloque, Graine de femme dit les dérives et les rêves d’un jour d’une femme nommée Juliette dont la vie est un rodéo. L’écriture cherche encore le secret de son alcool mais, donnant le change, monte en degrés. L’actrice, Valérie Leboutte, l’a bien en bouche. Un verre à la main, on ne devine pas que la blonde du bar, c’est elle, l’actrice; d’ailleurs, l’autre soir à l’Atmosphère, plus d’un consommateur ignorait que ce soir-là le théâtre était de la revue. Valérie Leboutte joue sur cette ambiguïté (contrairement à Radbar), laquelle s’avère sans filet: il arrive qu’on l’interpelle, un ping-pong se joue en quelques secondes, après quoi le monologue dévide sa pelote plus avant, nourri de son ébranlement. L’actrice, qui ne manque ni d’air, ni d’allure et encore moins de cran, en sort comme le spectateur, rassérénée. L’épreuve vire à la preuve et Juliette court dans les esprits avec pour bel horizon l’exemple de Gena Rowlands.

Adolescente de 30 ans, Valérie Leboutte a tout connu: la Belgique où elle est née, l’école de journalisme bruxelloise, l’école du Passage (Niels Arestrup) et celle de Jacques Lecoq, les cours de Blanche Salan, les stages (Gérard Desarthe, Philippe Adrien), les petits rôles au ciné (Claude Chabrol, José Pinheiro), le théâtre de rue (Cie de la dernière minute «pour jouer à la sauvage»), la tournée de boulevard (Une fille entre nous avec Bernard Menez et Luis Régo), la pin-up de Canal+ et des tartines de téléfilms. Elle voulait tout laisser tomber et partir pour le Canada quand elle a rencontré la Juliette de Patrick. Aujourd’hui, au bar du théâtre, elle se sent chez elle. «C’est un vrai retour au théâtre populaire. Chaque soir, on joue devant des gens qui ne vont pas forcément au théâtre», dit-elle. «Et on a envie d’aller vers eux», complète l’auteur-metteur en scène.

On ne parle plus de public, mais de gens. «C’est un théâtre de gens», disent en choeur ceux de Radbar et ceux de Graine de femme. Se glissant entre les tables enfumées ou accoudé au bar, le théâtre y frôle la vie des autres avec ses mots, ses gestes à lui, sans le faux col de l’imitation naturaliste. La connivence paie chaque soir une tournée générale et le patron a le sourire. Pour Radbar, chaque spectateur paie 35 francs; pour Graine de femme, on passe le chapeau. Le but n’est pas de faire fortune mais d’être en accord avec soi-même et raccord avec le reste. Ils le sont. Tôt ou tard, plutôt tard, un homme dont le comptoir maintiendra vaille que vaille la verticalité, dira d’une voix raviné d’alcool ou de chagrin: «Je ne suis rien. Je ne serai jamais rien. Je ne peux vouloir être rien. A part ça, je porte en moi tous les rêves du monde. (1)» Un poète sans doute, certainement un acteur. Car, après le spectacle, encore hantés par les rêves de leur personnage, nombreux sont les acteurs qui s’attardent dans les bars….

(1) Bureau de tabac, Fernando Pessoa, éditions Unes. »

 

Graine de Femme - The European

 

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